L’anniversaire de la semaine : Jean Lagneau, une vie « entre-deux-guerres »

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museeGaumais.jpg14 mai 1914 - 27 octobre 1944.  Entre cette naissance et cette exécution par les armes, une trop courte vie, une vie de talents, nourrie de savoirs et d’humanisme. 

Jean Lagneau,  mathématicien, écrivain, professeur, journaliste, peintre, naît à Souvret, petite ville de charbonnage du Hainaut  Enfant unique de modestes ouvriers, il montre un intérêt passionné pour les luttes sociales dès son adolescence. Militant des Jeunesses socialistes, puis brillant élève à l’ULB, opposé à la neutralité belge mais aussi à la guerre, il fait des rencontres décisives qui décident de son évolution : le docteur Albert Marteaux, (ministre communiste après la Seconde Guerre) et  Frans Moureau, secrétaire des Jeunesses communistes en Flandre.  Dès 1936, il est rédacteur en chef de la « Voix du Peuple », organe central quotidien du Parti Communiste de Belgique avant de rejoindre l’enseignement lorsque le journal connait des difficultés financières. Il vient alors en Gaume, enseigner les mathématiques de 1939 à 1941 à l’Athénée royal de Virton.

 

 

Lagneau Jean  autoportrait.jpg

Photo Autoportrait, 1929

Pastel,37x31 cm

Don de Madame Marie-Thérèse Dovillée, 1981

 

Avec les débuts de l’Occupation, il sera dirigeant du Rassemblement national de la Jeunesse, (un mouvement de jeunesse affilié au Front de l'Indépendance, un des plus combatifs mouvements de résistance). Il s’engage dans l’action clandestine et armée.

 

Personnage joyeux et courageux, jamais il ne cède aux menaces susceptibles de mettre en péril ses compagnons.  Arrêté par la Gestapo en 1943, il est déporté au camp d’Esterwegen. Jugé, condamné pour « préparatifs de haute trahison », il est décapité en octobre 1944 dans la forteresse de Kaishem.  Jusqu’à la fin, son courage et ses convictions ont fait de Jean Lagneau un artisan de la libération du pays.

 

Et curieusement, rien ou presque ne rappelle chez nous son souvenir. A Virton, il logeait à l’étage d’une maison de la Place Verte. De là, sa vue portait vers l’avant sur la rue des Laboureurs qui, - heureuse convergence - serait rebaptisée plus tard « rue Charles Magnette », autre grande figure progressiste, mais de la Première Guerre. A l’arrière, c’étaient la rue du Bosquet et le bois de Bampont. De ces regards qui l’enchantaient, il nous a laissé deux tableaux, et de son bref passage dans cette ville, de la joie, de l’enthousiasme, de l’intelligence et des amis. A l’image de sa vie, ses œuvres sont fortes, intenses.  Le trait est volontaire, les couleurs franches.

 Pas de demi-mesure dans son engagement ? Pas de demi-teinte dans sa peinture !

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Les œuvres de Jean Lagneau sont exposées

dans la Galerie des Beaux-arts du Musée gaumais

 

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