L’œuvre de la semaine : A la Saint-Paul s’entrebattent les vents, Celui qui l’emporte dominera l’an.

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museeGaumais.jpgVoilà un dicton météorologique aussi inhabituel que téméraire, puisqu’il dépasse le cadre d’une seule  journée.

Jadis, ère de labeur quasi permanent, « le temps qu’il fera » était le souci du paysan car, de la météo, dépendaient l’organisation et le succès de son ouvrage. Mais aujourd’hui que les loisirs en ont pris une bonne place, l’on s’inquiète encore, en remplaçant l’ouvrage… par le barbecue !

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On imagine déjà quelle pouvait être l’importance de l’observation des vents qui se livrent traditionnellement bataille au mois de janvier. Ce gigantesque combat à lieu le 25, la nuit  de la Conversion de saint Paul. Pourquoi Paul ? Parce qu’il était, comme les vents, grand voyageur ? Ou à cause de la tempête qui l’emporta à Malte alors qu’il se rendait à Rome ? On ne le sait. D’ailleurs, cette date, commune aux villages de Jamoigne, Torgny et Virton diffère à Florenville qui lui préfère la nuit du Nouvel An, ainsi qu’à Ethe, qui choisit la nuit de l’équinoxe de printemps !

 

 

Et donc, en cette nuit fatidique, la direction du vent dominant donnait la tendance du climat pour l’année à venir : Ouest, humide ; Est, sec ; Nord, froid ; Sud, chaud.  Suivant leur position sur la rose des vents, ils s’appelaient, à Torgny,  l’va d’haut (du nord), l’va d’bache (du sud), l’ va messin (d’est, de Metz), l’va d’Mady (d’ouest, de Montmédy).A Virton, le vent du nord s’appelait l’ tahu, le vent du sud, l’messin ; celui d’est, c’était la bîche (la bise) et le vent d’ouest, l’va d’plôve (vent de pluie). L’intérêt pour le météorologue populaire qui veut avoir raison, sont bien entendu les vents intermédiaires qui peuvent donner lieu à toutes sortes d’interprétations…comme dans tout bon dicton !

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Paulette Lagosse (Montmédy, 1921 – Paris, 1997) :

Virton, Vers le haut de la Vigne.

Encre rehaussée d’aquarelle. Coll. Musée gaumais

 

Quoi qu’il en soit, le phénomène se doit d’être observé à l’endroit propice, à la croisée des Quatre chemins à Florenville, ou sur une hauteur comme èl Hoy des vantus à Ethe, aux Engagères (au-dessus de l’ermitage) à Torgny ou depuis èlHaut de la Vègne à Virton.

 

Le ferronnier Julien Lorrain (1869-1943), qui fut le premier collaborateur du Musée, nous raconte qu’enfant, c’est lui qui était envoyé par sa mère sur « le Haut de la Vigne » pour connaître le nom du vent victorieux. Un endroit dont le seul nom évoque des tas de choses : un promontoire en vis-à-vis de la ville, un long escalier escarpé, le souvenir de la culture du vin, un faubourg curieux de Virton d’où  la vue porte loin. Nombreux sont les peintres, et parmi eux Jean Lejour, Camille Barthélemy, ou Paulette Lagosse, qui illustrèrent ses vieilles maison aujourd’hui disparues, ses sentiers d’herbes et ses petits jardins

 

 

Retrouvez cette œuvre, et toute l’actualité du Musée gaumais sur : www.musees-gaumais.be et sur notre page Facebook

Commentaires

  • C'est un rappel qui fait chaud au coeur. J'en prendrait plus souvent de tel rappel!

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