Patrimoine en péril / Florenville

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museeGaumais.jpgLa fontaine Sainte-Barbe de Chassepierre

Au bord de la route descendant à Laîche, faut-il que l’œil soit attentif pour voir qu’il y a là, la solution espérée à bien des problèmes ? Au pied de cet arbre, un bac de pierre calcaire est prisonnier des racines, dans lequel s’écoule une source dédiée à Sainte-Barbe.

Sainte Barbe, fêtée le 4 décembre patronne des artificiers, des artilleurs, et des pompiers, bref de tout ce qui touche au feu. Il est vrai que son père, qui prit une part active à son supplice – entre autres joyeusetés, elle fut d’abord enfermée dans une tour, puis brûlée de tous côtés et enfin décapitée par lui – son père donc, en châtiment, fut frappé par la foudre. Sainte Barbe, patronne des mineurs qui usaient d’explosifs, était assez populaire en Gaume, principalement au sud, là où s’extrayait la minette à Musson et à Halanzy. On l’invoque aussi pour les brûlures, et, partant, pour des maladies de peau. A Chassepierre, la source est sans doute une résurgence du ruisseau Marchau, dont le nom évoque assez l’exploitation du fer.

 

Les habitants n’y manquent pas de logique, qui cherchaient remède dans cette eau…extinctrice. Au flanc du coteau, elle avait la réputation de guérir boutons, rougeurs ou démangeaisons appelées populairement « maux de sainte Barbe ». Et il n’est pas si lointain le temps où les jeunes mamans venaient, sinon baigner, du moins mouiller les pieds de leurs bambins dans l’onde bienfaisante.

 

Dans son « Histoire de Chassepierre publiée en 1953, Jules Massonnet rapporte également qu’autrefois une statue surplombait  le lieu. Ne serait-ce pas celle, datée du XVIIe siècle, qu’on avait jadis repérée « décapitée » dans l’église Saint Martin ? Ne serait-il en tout cas pas judicieux de tenter de la retrouver et d’en replacer là une copie ?

 

 

Fontaine Sainte-Barbe.jpg

 

 

Mais une âme attentive veille déjà au grain, car les fées qui ont œuvré à la survie du « Pont Saint-Marc » tout proche, se penchent désormais avec sollicitude sur le destin de la fontaine Sainte-Barbe et  souhaitent la voir survivre, tout comme les murs de soutènement qui se prolongent dans la montée. Il n’y a pas mieux que saint-Marc pour s’occuper des histoires d’eau. N’est-ce pas lui qui servait aux noces de Cana, là où elle fut changée en vin ? Un habitué des miracles !

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