Le patrimoine en péril de la semaine : Saint-Léger / Les Marachese

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museeGaumais.jpgEn traversant le village, qui n’a jamais remarqué ces élégants frontons sculptés, ces façades ornées de feuillages ou ces colonnes de pierre torsadées qui font d’accrocheuses devantures de magasins anciens ? Ces particularités sont l’œuvre, probablement exclusive, d’artisans talentueux qu’étaient les frères Depienne (Adolphe, Joseph et Paul) ainsi que Joseph Deveaux avec ses fils Auguste et Eugène, installés dans la localité aux XIXè et XXè siècles. Chacune de leurs œuvres mériterait une protection officielle ou un classement au titre de monument historique – à l’instar du chemin de croix de  de Wachet, qu’on leur doit également - ne fût-ce que pour leur candide beauté et leur originalité dans le paysage gaumais.

 

Face à l’église, l’une des plus jolies est sans conteste l’ancien café-épicerie de François Lebrun. L’une des seules maisons à n’avoir pas été brûlée en ’14 ; un simple petit coup de frais lui rendrait toute sa valeur. Juste à sa gauche, on s’engagera volontiers sous la rue de l’Arcade. Attardons-nous ici. Selon des auteurs anciens, c’est là, depuis le Ton en bas jusqu’au haut de l’église et par-delà en redescendant vers le ruisseau de Pachin, que passait la démarcation entre le duché de Bar et celui de Luxembourg. D’ailleurs, en 1368, la charte d’affranchissement qui libère les habitants de Saint-Ligier de leurs servitudes n’est-elle pas signée conjointement par Wenceslas, duc de Luxembourg et Thibaut, duc de Bar ? Terre commune, donc, faut-il dire, tout comme Marville. Quoi de plus normal, puisque le premier duc était le tonton du second. Ce porche original, car il passe sous une habitation, donne accès à un quartier qui mérite lui aussi un coup d’oeil. C’est celui des Maraches. Il y a là un beau lavoir-tunnel. Quelle est l’origine du nom ? Peut-être « marécage », puisque jadis, et parfois encore aujourd’hui, le Ton débordant imprégnait les abords. La disposition des rues interpelle le curieux : plusieurs se croisent à angle droit et nous reportent à des lieux similaires en Gaume, Signeulx, Gérouville, Harnoncourt, Habay, et bien d’autres, eux aussi forts anciens mais que l’écartement des axes fréquentés relègue hors de notre regard. On ne discerne plus guère aujourd’hui que ce furent là des quartiers-neufs, établis vers le 18ème siècle avec une volonté d’ordonnancement, de salubrité et de gestion plus commode que les agglomérats de masures en bois qui caractérisaient jusque là nos villages.

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Photo :

Les murets de la rue de l’Arcade, vus depuis le bas des « Maraches »

© Pierre Dominicy – Cercle historique de Saint-Léger.

 

Aux Maraches, les murs des jardins qui bordent cette frontière pentue ont bien souffert depuis l’ère du béton. Ils s’effondrent toujours et bientôt, si cela se poursuit, il est à craindre que nul romantique en promenade ne puisse plus accrocher son regard à leurs lierres et à leurs pierres séculaires. Pourtant, des solutions existent pour les propriétaires intéressés. La principale est certainement la procédure du Petit Patrimoine Populaire Wallon de la Région Wallonne, qui peut accorder jusqu’à 7.500 € de subventions pour une campagne de rénovation[1]. Et celles-ci pourraient se répéter sur plusieurs années pour offrir aux Maraches un vrai bain…mais de jouvence. !

 

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[1] Consulter le site :

http://www.wallonie.be/fr/actualites/restauration-du-petit-patrimoine-populaire-wallon

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