L’œuvre de la semaine : Verres d’hier, lumières d’aujourd’hui

Imprimer

museeGaumais.jpgL’art du verre vient d’Orient.  Soufflé au moyen d’une canne à la volée ou dans un moule, le verre prend de multiples formes. D’opaque, il deviendra translucide ; de couleur bleue et verte, il évoluera vers de nouvelles palettes. Les Romains l’introduisent en Gaule au Ier siècle. Cet artisanat s’épanouit au IIIe siècle et produit de véritables chefs d’œuvre  techniques et artistiques.

A la période gallo-romaine, les récipients en verre sont achetés pour leur précieux contenu comme le parfum. Associés aux rituels funéraires ils contiennent les cendres du défunt. Ils interviennent dans la conservation des aliments dont ils n’altèrent pas le goût. Utilisés pour le service, ils apparaissent sur la table des nantis.

 

A l’époque mérovingienne (Ve au VIIe siècles) les tombes, celles de femmes principalement, renferment ce matériau de luxe, resté l’apanage d’une clientèle privilégiée.  Marqueur social des élites, le verre dont la matière première se raréfie sous l’effet d’une perturbation ou d’une interruption de circulation est travaillé en recyclage. Malgré l’absence d’ateliers de verriers dans la région,  les techniques de fabrication sont connues grâce aux traces qu’elles ont laissées sur les objets et aux analyses scientifiques.

 

Verrerie.jpeg

On constate que les verriers mérovingiens perpétuent les habitudes romaines si ce n’est dans le domaine de la parure où de nombreuses perles en pâte de verre polychromes apparaissent dans la réalisation des colliers.

 

Sur le plan technique, les formes se simplifient : les coupes apodes (sans pied) et les gobelets campaniformes (en forme de cloche) sont les plus répandus.  Les décors tels que les inclusions de verre fondu opaque et l’ajout de filets étirés sont exécutés à chaud. Certains verres soufflés dans un moule décoré ou en creux présentent des motifs côtelés verticaux, hélicoïdaux ou entrecroisés voire chrétiens.

 

Avec l’avancée de la christianisation qui voit la disparition du dépôt de mobilier dans les tombes, il reste peu de témoins en verre du Moyen Age.

 

L’art du verre, alchimie du sable et du feu, émerveille encore et encore. Six artistes verriers de l’association VERRIBELGLASS, Constant Baggen, Nathalie Collard, Chantal Delporte, Daniel Olisaegers, Jane-Sylvie Van de Bosch et Patrick Van Tilborgh ont fait halte au Musée gaumais. Ils s’inscrivent aux côtés de la peintre Dominique Collignon dans la 3e édition du Parcours d’artistes Cuest’art.

 

Venez découvrir leurs œuvres installées dans l’espace archéologique et dans la galerie de liaison le week-end des 14 et 15 septembre

Entrée gratuite de 14h à 19h 

 

Retrouvez nos activités sur

www.musees-gaumais.be et sur notre page facebook

 

 

 

 

Commentaires

  • Très belle et précise description de la naissance du verre et de son évolution dans le temps.tant du point-de-vue industriel qu'artistique. Il est bon de rappeler que l'industrie du verre a fait vivre bon nombre de belges sous la bannière de la Belgique avant d'être reprise par des firmes étrangères. Aujourd'hui, malheureusement ou heureusement ( cela dépend du point-de-vue auquel on se place), Il ne reste dans notre pays que la firme AGC (Asahi Glass Corporation) en reprenant Glaverbel comme verrier.

Les commentaires sont fermés.