L’œuvre de la semaine : A Montquintin, la dalle funéraire de Jean-Jacques de Hontheim

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museeGaumais.jpgDe Hontheim.

D’emblée, l’esprit associe à ce patronyme,  le prénom de Jean-Nicolas (1701-1790), « l’évêque de Montquintin ».

Lorsqu’il mourut en 1790 et que son corps fut transporté à Trèves pour y être inhumé, l’on dit « qu’avec lui,  on enterrait l’Ancien Régime ». 

Nous étions alors autrichiens, mais il est vrai que la Révolution française était à nos portes.

S’il fut donc le dernier seigneur du lieu, il n’en est toutefois pas l’ultime.

A son décès, son neveu Jean-Jacques hérite de l’antique seigneurie. Il était le frère de cette Fébronia, chanoinesse à Juvigny-sur-Loison, et dont leur oncle avait tiré son pseudonyme de Fébronius pour publier ses écrits sulfureux sur le Pape. Reconnaissant, Jean-Jacques fit placer une lame funéraire de marbre noir à la mémoire de Jeab-Nicolas dans la chapelle seigneuriale de l’église Saint Quentin.

 

 

Lui-même décéda en 1821 à Montquintin où il fut inhumé, mais à l’extérieur (autre temps, autres mœurs !). Sa pierre tombale, scellée au retour du mur Nord de la chapelle seigneuriale, apparaît dans le cimetière. Le Musée gaumais s’est efforcé de la nettoyer cet été, et peut-être ensuite la commune voudra-t-elle en redorer son inscription ? Car, au bout de 190 ans, il faut bien regarder pour y déchiffrer que :

Dalle JJ de Hontheim.jpg

Illustration : Lame funéraire gravée et sculptée

Calcaire bajocien

1ère moitié du XIXè siècle

CY GIT LE CORPS DE

JEAN-JACQUES DE

HONTHEIM NE A TREVES LE 4

DECEMBRE  1741, DECEDE

A MONTQUINTIN, LE 3e DE MAI 1821

EN SON VIVANT, CONSEILLER

AULIQUE DE L’ELECTEUR DE TREVES. VOUS

QUI LISEZ CECI, PRIEZ DIEU AFIN QUE

CELUI QUI METTOIT TOUT

SON BONHEUR A ETRE

FIDELE SERVITEUR DE DIEU

ET LE PERE DES PAUVRES

JOUISSE DU REPOS

ETERNEL.

 

Jean-Jacques fut-il un bienfaiteur, à l’image de ce que fut son oncle ? Son monument le suggère en toute simplicité. Et aussi Fidèle serviteur de Dieu, c’est peut-être lui qui dota le maître-autel d’une figure du Christ par frère Abraham d’Orval (ils étaient nés la même année).  Cependant, son titre le plus prestigieux, qu’il hérita sans doute de son oncle, était « Conseiller aulique de l’électeur de Trèves », Cela signifie qu’il faisait partie d’un Conseil présidé par l’archevêque-électeur, lequel participait au suffrage pour la désignation de l’Empereur germanique.

Jean-Jacques épousa en premières noces, en 1767, sa cousine Marie-Elisabeth-Thérèse-Walburge de Hontheim et en secondes, Louise-Antoinette-Elisabeth de Baring de Walrodt. Deux garçons naquirent du premier mariage : François-Louis-Albert en 1768 et Joseph-Nicolas-Siméon-Guillaume en 1769. Le titre de chevalier fut confirmé en 1816 par le roi Guillaume 1er, à Jean-Jacques et ses fils qui faisaient partie de l’Ordre équestre du Luxembourg.

 

Comme toute la Gaume, le château avait souffert de cette fameuse Révolution qui apportait la liberté au bout d’une torche incendiaire. Détruit en 1794, Jean-Jacques le fit reconstruire en 1803, et agrandir par l’adjonction d’une vaste façade sur laquelle il fit graver, au-dessus de la porte principale :

 

QUOD BELLUM DESTRUXIT ANNO 1794

AB HONTHEIM RESTITUIT ANNO 1803

 

(Ce que la guerre détruisit en 1794 fut reconstruit par Hontheim en 1803)

 

Redécouvrez le patrimoine « extra » ordinaire  de Montquintin

sous un angle inhabituel lors des Journées du Patrimoine

Visites guidées des monuments du village – église, château, musée

les 7 et 8 septembre 2013, à 14h et à 16h

 

Pour cette occasion, retrouvez nos activités sur

www.musees-gaumais.be et sur notre page facebook

 

ainsi que sur www.montquintin.be

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