L’œuvre de la semaine : Toit, toi mon toit, dans une villa romaine

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museeGaumais.jpgL’œuvre de la semaine : Toit, toi mon toit, dans une villa romaine

 

L’hiver a été long. On se réjouit, dans les métiers du bâtiment, de reprendre les chantiers interrompus par de longues semaines d’intempéries. Surtout sur les toits, bousculés par le vent, et à la fréquentation rendue incertaine par le gel et la pluie.

 

Ce n’est certes guère un inconvénient que rencontraient les Romains. Les villas des débuts de notre ère, si nombreuses dans nos régions, étaient couvertes de vastes étendues de tuiles, larges, épaisses et lourdes, et profilées de telle sorte que leur efficacité ne devait rien envier à nos ardoises fines d’aujourd’hui.

 

Sur une charpente robuste, l’on superposait, en rangs réguliers, des plaques rectangulaires d’argile rouge, relevées sur les bords. Elles formaient ainsi des chenaux d’écoulement parallèles, du haut en bas de la toiture. Le joint qui les séparait était recouvert d’un élément semi-cylindrique que nous appelons encore « tuile romaine », moulée sur quelque cuisse, sinon légère, du moins d’une forme idéale : plus étroite d’un côté que de l’autre. Ce simple détail dispersait efficacement l’eau ruisselante vers le milieu  de la rigole tuilière. Et le poids de l’ensemble n’était guère soulevable par la brise, à l’instar de ce qui affecte  aujourd’hui les maisons des amoureux de beaux toits de terre-cuite.

 

Il y a moins de quarante ans d’ici, tout un chacun savait ce qu’était une villa romaine. L’on en fouillait partout en Gaume : Sivry, Sainte-Marie-sur-Semois, Torgny, Robelmont,… De très importantes, bien que repérées, conservent leurs secrets, mieux à l’abri dans le sol que si elles étaient ouvertes par quelque fouilleur clandestin qui détruit tout le contexte archéologique, ou même des campagnes officielles mais difficiles à mener totalement à bien, faute de temps et de moyens. C’est pourtant ce qui se fait à Mageroy (Habay), un ensemble à visiter absolument, où l’on peut se faire une idée précise de l’importance de tels établissements agricoles de l’Antiquité.

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Illustration : Fragment de toiture en tuile

Villa romaine de La Marlerie (F-Grand-Failly, Dpt de la Meuse) -  Ier- IVe s. ap. J.-C.

Don de la famille Colin-Henry, 2012 - Collection Muse gaumais

 

Quant à leurs toitures, on en possède peu d’exemple: le temps a fait son œuvre. Les ruines, dont beaucoup devaient être visibles jusque tard dans le Moyen-âge, ont été démembrées, leurs matériaux récupérés, l’ensemble retourné à sa minéralité première par les destructions ou les labours dans des parcelles rendues à la culture. Et puis, s’agit-il de témoins prestigieux dignes des vitrines d’un collectionneur ?

 

 C’est pourquoi, le fragment ici illustré revêt un certain intérêt didactique. Il vient d’être cédé au Musée et provient de la villa de La Marlerie (entre Petit- et Grand-Failly) qui fut sondée partiellement en 1965 par le GEVO (Groupement d’Emulation de la Vallée de l’Othain). Cette villa dut avoir une existence longue, car ses vestiges livrèrent des monnaies datées des empereurs Auguste (27 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.) à Constantin (306 – 337), de l’outillage, divers bijoux, qui ont dû être entreposés un temps à Grand-Failly.

 

Le Musée gaumais vient de rouvrir ses portes.

Le fragment de toiture romaine est visible du 24 mars au 02 juin  2013

dans l’exposition « Pêle-Mêle 2 – Hommage aux donateurs 2011-2012 »

 

Retrouvez nos activités sur

www.musees-gaumais.be et sur notre page facebook

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