L'oeuvre de la semaine : Le carreau de dentellière

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Le gel, la pluie, le temps gris n’incitent pas à sortir et d’ailleurs, pourquoi ?

Bêtes à l’étable, récoltes à l’abri, gens bien au chaud ; l’hiver s’appesantit.

Les après-midi ou les longues soirées d’hiver sont propices aux petits métiers domestiques.

museeGaumais.jpgA la causette au coin du feu ou au pèle, chacun se divertit par des jeux, un artisanat léger ou des travaux d’aiguilles. Parmi ces dernières occupations, presque exclusivement féminines, la dentelle à l’aiguille, au crochet mais surtout aux fuseaux, est le propre des mains fines et précautionneuses, séduites par le raffinement et la délicatesse.

La fabrication de la dentelle nécessite l’usage d’un coussin pouvant présenter plusieurs formes. Ce métier appelé carreau, couramment carré et plat, est équipé d’un tambour ; il se limite seulement à la production d’un « entre-deux » ou long ruban. Mais il autorise la réalisation de mouchoirs, de napperons voire de pièces plus grandes, qui orneront d’élégance les belles, et leurs beaux atours. 

 

Dérivée de la passementerie, plutôt réservée aux hommes, la dentelle aux fuseaux utilise des fils de lin ou de coton d’Egypte blancs de diverses épaisseurs, enroulés sur des fuseaux de bois de sapin, de fruitier ou d’olivier pour les familles fortunées.

La dentelle connut un essor constant de la fin du XVIe siècle au début du XIXe siècle. Ainsi, chaque pays ou chaque contrée produisait "sa » dentelle avec des caractéristiques propres.Cependant, certaines n'ont pas d'identité nationale et ont été pratiquées en de nombreuses régions comme, par exemple, la dentelle au « Torchon » dont on voit un échantillonnage sur le carreau exposé au Musée gaumais  .

La dentelle au « Torchon » mais aussi celle au « filet », le point de Lilles et de Valenciennes sont parmi les plus fréquemment utilisés. La Belgique connaît les points de Bruxelles, de Bruges et de Binche. D’ailleurs, le traditionnel voile de mariée de la famille royale de notre pays dentellier, n’a-t-il pas été entièrement réalisé à la dentelle aux fuseaux ? Avec l’installation de métiers mécaniques, le XIXe siècle entraîna le déclin de la dentelle à la main qui disparut  au lendemain des deux guerres.

 

Mais rien ne meurt vraiment. Les talents ont seulement cherché refuge chez des ouvrières amoureuses de leur art  pour revivre et se faire redécouvrir du public depuis la fin du XXe siècle. A l'initiative de particuliers, d’associations, la dentelle aux fuseaux connaît un renouveau. En Gaume, Annie Moës-Bastin et Marie-Christine Wagner enseignent la dentelle aux fuseaux, à l’école primaire communale d’Harnoncourt un jeudi sur deux de 20h. à 22h.30.

 

Métier à dentelle.jpg

Le carreau de dentellière

est exposé dans le « pèle »  reconstitué au Musée gaumais

au premier étage de l’aile ancienne

Le Musée est fermé durant l’hiver, sauf pour groupes, visites guidées

et vacances scolaires.

Il rouvrira dès le 23 mars prochain avec la biennale « Pêle-Mêle II – Acquisitions 2011-2012 », en hommage à nos généreux donateurs

 

Retrouvez toutes nos activités sur

www.musees-gaumais.be et sur notre page facebook

 

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