L'oeuvre de la semaine : La taque du Comte de Lespine (Ethe)

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Logo 75ème 422 ko (2).jpgLa commune du mois : Virton

L’œuvre de la semaine : La taque du Comte de Lespine (Ethe)

 

D’or à l’arbre sec d’épine, c’est le blason du comte de Le(s)pine de Laclaireau, un homme singulièrement…sec et épineux.

Vers 1640, son aïeul Charles, propriétaire des forges à la limite d’Ethe, avait fait construire, à la « Vieille Claireau», un très vaste château à trois corps de bâtiments entourés de douves. On accédait aux usines et à la demeure par de beaux jardins à la française, dont le mur d’enceinte reste encore visible aujourd’hui. Mais Nicolas-Louis de Lespine, petit-fils du bâtisseur, ne bénéficiait pas d’un amour immodéré de la part de ses sujets, c’est le moins que l’on puisse dire. Et pour cause, anobli en 1759 au titre de comte, son écu à l’emblème acéré, qu’il a ensuite fait fondre dans ses forges, est tenu ici par «…deux sauvages, appuyés sur leur massue… ».  Aïe, la tête !

Taque de Lespine Laclaireau.jpg

 

Taque de foyer en fonte aux armes de la famille de l’Espine,
Forgescde Laclaireau, 1766

 

Muni de ses titres, dont celui de prévôt de Virton, de multiples querelles l’opposaient à ses voisins et, dans ses rapports humains, c’est l’emportement …qui l’emportait bien souvent sur la diplomatie. Complot ou vengeance ? Toujours est-il que l’homme fut assassiné chez lui juste avant la Noël 1775. Par qui ? Mystère ! Alors qu’il dînait le soir du 20 décembre avec sa famille, quelqu’un avait marché sur les fossés gelés et tiré un coup de fusil à travers les vitres de la salle à manger. Diantre ! Assassiner un prévôt ? Une…épine dans le pied de l’impératrice Marie-Thérèse qui s’en émut. Mais, du Conseil privé à Bruxelles au Conseil de Luxembourg, deux années d’enquête (tout de même !) ne parvinrent pas à élucider ce forfait et nul ne put être inculpé. Un Jean-François Simon, receveur d’impôt avec lequel le comte s’était querellé durement le matin même, était le premier suspect, mais disposait d’un alibi (il dînait chez le maire Henrion, d’Ethe). Et des coupables possibles, il y en avait tant, qu’on se fût cru dans un roman d’Agatha Christie. On dressa le plan du château ; on reconstitua la scène du meurtre ; on questionna plus de septante témoins ; rien à faire !

 

Mais quand on dit « diligenter l’enquête »…il faut bien avouer que probablement personne, outre peut-être sa fille unique Charlotte, ne pleurait sur la dépouille. Charlotte de Lespine était l’épouse du comte Louis-Géraud de Briey, qui entra dès lors en possession du domaine et semble avoir géré ses gens avec bien plus de sensibilité.

Las ! L’époque s’annonçait déjà difficile économiquement pour la sidérurgie. La Révolution française n’arrangea rien, avec ses partisans qui apportèrent chez nous la liberté au bout d’une torche incendiaire. Le château de la Vieille Claireau brûla, comme bien d’autres, en 1794 et disparut totalement, englouti par les eaux des étangs. Quelque trente ans plus tard, ces mêmes eaux allaient éteindre le feu des illustres forges.

 

Au mois de décembre, le 75ème anniversaire du Musée gaumais

est consacré à la commune de Virton.

Un module itinérant sur la Gaume est exposé à l’Hôtel de Ville

 

Au Musée, Micro-Expo consacrée à la commune de Virton

La taque du Comte de Lespine de Laclaireau

est exposée dans  l’aile ancienne.

 

Entrée gratuite tout le mois pour les habitants de la commune

 

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