L’œuvre de la semaine : La Grand-place de Virton

Imprimer

Logo 75ème 422 ko (2).jpgQuand fut fondée la ville de Virton ?

Le chroniqueur médiéval Jean d’Anly faisait remonter la plus ancienne chapelle de Nouveau-Virton (novum vertunum, c’est son nom officiel) à l’an 1097 [1], donc bien après que l’ancien vicus romain sur le plateau de Magerou [2] ait été ruiné par les invasions barbares.

 

Depuis des lustres, à l’intérieur de l’enceinte, on débat de l’existence d’un château, résidence des comtes de Chiny. Ne se situait-il pas dans un noyau fortifié plus restreint, « une haute-cour » médiévale, du côté de l’actuelle Grande Maison, rue Sainte-Catherine ? C’était la maison du Prévôt, autorité déléguée par le suzerain. On est là au point le plus haut de la ville.

Plan Grand-place.jpg

 Illustration : Auteur anonyme, Virton du temps de Charles-Quint,

 

Cette vue de Virton, bien connue des amateurs, prétend se référer à la ville du temps de Charles-Quint, mais trop d’anachronismes indiquent qu’elle fut en fait dessinée bien plus tard, peut-être même au XXe siècle. Qui sait si ce ne fut pas l’œuvre de Pol Roger qui publia des « Notices historiques sur Virton » en 1930 ? C’est donc une perspective romantique faite pour séduire, plutôt qu’un document historique. N’empêche qu’il montre maints bâtiments bien réels aujourd’hui détruits et qui donnaient pourtant du charme à la cité. Et depuis des décennies, elle guide l’imaginaire public, qui aujourd’hui, espérerait trouver, sous l’éventration fort discutable de notre Grand-place, une confirmation de la fameuse « légende des souterrains ».

 

Confirmation ? Voire !  L’on a bien découvert des vestiges, ici quelques tombes perturbées, là l’angle d’un bâtiment, plus loin une cave ou une citerne. Mais rien encore de bien extraordinaire, et d’ailleurs le temps manque pour approfondir le sujet. Car la réalité de la fouille archéologique est souvent fort éloignée de ce que les amateurs et parfois même les professionnels pensaient y découvrir. C‘est même la rigueur de tout archéologue digne de ce nom, que de ne pas fausser les données, même si elles ne correspondent pas à ses propres désirs.

 

Désormais nul ne verra plus la Grand-place de Virton dans son étendue pavée, telle qu’elle se présentait depuis 1826, quand on réinstalla l’église. Les badaux viennent en nombre regarder, curieux, ces vestiges apparaître. Certes, ils ne justifient (peut-être) pas d’être conservés mais, en son fors intérieur, chacun comprend avec une certaine émotion que, désormais, ce patrimoine qui dormait sera définitivement perdu, enlevé par les pelleteuses.

 

Aujourd’hui, le surfaçage de la Grand-place et de ses ruelles voisines, repensé pour l’avenir en pavés autobloquants, vient porter  le coup de grâce à sa pittoresque image.

Ils achèvent de faire de l’ancien bourg médiéval, une cité peu originale dont l’attractivité historique se perd.

 

 

 

En décembre, la 10ème et dernière Micro-expo du Musée gaumais

sera consacrée à la commune de Virton.

Visite guidée du Musée « aux bulles pétillantes »

le mercredi 05 décembre à 20H.  

Entrée gratuite tout le mois pour les habitants de la commune



[1] Paul ROGER, Notice historiques sur Virton, p. 24

[2] magerou, mageroi, magerot, mézières = masures, ruines

 

Les commentaires sont fermés.