L’œuvre de la semaine : Des nouvelles du front ?

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museeGaumais.jpgFernand Bernard de Villers-la-Loue, Edmond Colin de Saint-Mard, Henri Jacob de Châtillon, Firmin Rézette de Jamoigne, pour ne citer qu’eux, Gaumets parmi tant d’autres soldats belges au front, restés plus de douze mois face à l’ennemi, furent honorés de la Croix du Feu. Edmond Fouss, originaire d’Athus, qui y resta quatre ans,  en était aussi. Comment tous ces soldats ont-ils pu tenir tout ce temps enterrés entre attente et assaut. L’attente de l’assaut !

On le sait, les millions de lettres échangées avec les proches, les parents, l’épouse, la fiancée ou … la marraine de guerre tinrent le moral du troupier. La musique aussi. Accordéon, harmonica que ces musiciens d’harmonie laissaient s’exprimer selon leurs états d’âme. Ceux que les Muses avaient gâtés écrivaient, dessinaient ou peignaient. La dextérité liée à l’imaginaire de certains produisaient de véritables petits chefs d’œuvres d’art populaire. Rappelez-vous le bénitier présenté dans les colonnes du Publivire  du 26 novembre dernier.

Ainsi, durant les années de guerre, ont fleuri nombre de journaux du front ; on en dénombre environ cent cinquante titres. Parmi eux, Le Claque à fond, d’une des nombreuses expressions nées au fond des tranchées et qu’utilisaient les soldats en vidant une gamelle jugée toujours trop petite, se veut artistique et littéraire. Son sous-titre - joyeux quand même - paraît au front sans cri à la 7e brigade –  donne le ton : joie, peine et dérision. Fondé par Edmond Fouss et son ami Armand Massonet, dessinateur pour la section artistique militaire, ce journal aux pages soigneusement calligraphiées et illustrées rassemblent des artistes, Massonet principal illustrateur, mais aussi Carlo Tibre et des écrivains, Louis Boumal et René Lyr.

Le Claque à fond n°4.jpg

 

 

Journal du front

Le Claque à fond

N°4, fin juillet 1916

 

Devenu la voix des soldats de la 7e brigade d’infanterie, il parut de mai 1916 à la victoire de 1918, polycopié au hasard des possibilités (quinzaine, mois ou trimestre). Les soldats  payaient 2,50 francs l’abonnement annuel, les civils 5. Les abonnements et les dons devaient être adressés à Henri Hoolandts C 143 Armée belge, tout comme les  articles et dessins  à créditer par la censure.

Après guerre, les journaux du front ont fait l’objet de collections. En 1964, cinquante ans après les événements, Fouss en fait le sujet d’une conférence qu’il donne sous les auspices du Musée gaumais. A la lecture d’échanges épistolaires entre  Fouss et Massonet, restés amis (et ce le sera jusqu’à la fin de leur vie), on découvre que Le claque est très remarqué, même à Paris.

 

Déjà, pour le dixième anniversaire, le tandem s’était impliqué dans le comité organisateur de l’exposition « Souvenirs de guerre » montrée à Arlon et dont Armand Massonnet avait dessiné une remarquable affiche déclinée en entête du papier à lettres et sur les enveloppes propres au courrier la concernant.

Des numéros du Claque à fond, l’affiche de Massonet ainsi qu’une lettre de Marguerite Garnier, marraine de guerre  d’Edmond Fouss avant de devenir sa femme,

sont présents à l’exposition « LARMES DE GUERRE »,

prolongée  au Musée gaumais jusqu’au 11 janvier 2015.

Le Musée est ouvert durant les vacances de Noël,

sauf le jour de Noël et le jour de l’an

ainsi que l’après-midi qui les précède.

 

Prochaine visite guidée publique dimanche 28 décembre à 16h.

Retrouvez toutes nos activités sur :

 

www.museesgaumais.be  et sur notre page Facebook

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