L’œuvre de la semaine : « L’Angélus » d’Outer

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museeGaumais.jpg« Temps superbe. Vu un angélus que Millet n’a sûrement pas soupçonné. Sous le pont de Saint-Mard, un Allemand en sentinelle faisait les cent pas. Je me disposais à lui exhiber mon passeport quand je vis le reître s’arrêter et joindre les mains en baissant la tête. La cloche de la petite église romane du Vieux Virton sonnait … » écrira Nestor Outer dans son Journal de guerre.

En 1857, Jean-François Millet, artiste réaliste de renom, peint l’Angélus. Ce tableau devint tellement célèbre, qu’il fut repris à de nombreuses reprises par d’illustres peintres tel que Salvador Dali.

 

L’Angélus représente le moment où trois fois dans la journée (le matin, le midi et le soir), au son des cloches de l’église, femmes et hommes cessent leur travail dans les champs durant un bref instant pour prier.

C’est aussi une prière de trois versets en l’honneur du Christ, un Ave Maria que l’on retrouve à la fin de chaque verset. La prière se termine par une oraison, un bref hommage aux morts et aux disparus.

 

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Photo Nestor Outer - L’angélus

Aquarelle, 1915 - Collection privée

 

Dans l’Angélus de Millet, on retrouve deux personnages ayant interrompu leur travail de récolte pour se recueillir.

Par contre, dans celui de Nestor Outer, c’est un soldat allemand que l’on voit cette fois à l’arrêt sur un chemin occupé à prier. Ce dernier est reconnaissable notamment par un casque à pointe similaire à celui présenté dans l’œuvre de la semaine du 13 novembre.

 

Dans son aquarelle, Nestor Outer aurait pu tout à fait s’abstenir d’un titre, tant le moment de l’Angélus y est clairement reconnaissable.

En effet, si l’on plonge son regard vers le fond du tableau, on peut observer la fameuse église romane de Vieux Virton dont le peintre nous parle dans son témoignage. Eglise dont le clocher est très probablement en train de faire résonner dans l’air le moment de cette  prière.

L’attitude du soldat indique également que nous sommes dans le même instant.

Les tombes que l’on aperçoit à droite du tableau renvoient clairement à l’hommage que rend cette prière aux morts et aux disparus.

 

Cette œuvre s’insère en quelque sorte comme une parenthèse dans l’atmosphère des combats. La sérénité qui émane de cette scène et l’humanité dont fait preuve l’artiste semblent lever un bref instant comme un drapeau blanc, un signe de paix nous montrant dans toute sa simplicité un homme occupé dans sa prière à honorer les morts et les disparus.

 

 

Une reproduction de l’aquarelle est présente

à l’exposition « LARMES DE GUERRE » prolongée  au Musée gaumais jusqu’au 11 janvier 2015.

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A partir du 1er décembre, le musée est ouvert pour toutes demandes de groupes et pendant les vacances scolaires

 

Prochaine visite guidée publique dimanche 28 décembre à 16h.

Retrouvez toutes nos activités sur :

 

www.museesgaumais.be  et sur notre page Facebook

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