L’œuvre de la semaine : Casque à pointe d’officier de la Landsturmo

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museeGaumais.jpg« On peut tout faire avec un casque à pointe… sauf s’asseoir dessus… »

C’est ce que les soldats français devaient penser en voyant arriver les soldats allemands avec leurs fiers « Pickelhaube ».

L’origine de ce casque remonte à la création de l’Empire allemand en 1842. D’abord objet de parade il fut transformé en objet de guerre. Ce casque est composé de cuir bouilli et d’appliques en laiton pour la pointe, la plaque frontale et la jugulaire. La plupart du temps un couvre casque de campagne le recouvre pour le camouflage. Le numéro du régiment y est souvent inscrit. Ce modèle-ci cache dans le fond une adresse à Düsseldorf, lieu de sa fabrication ?

 

La pointe du casque n’a pas un rôle décoratif, mais bien un rôle défensif ! En effet, bien que fragile, elle sert à parer les coups de sabre de la cavalerie adverse, rien à voir avec les combats de tranchées de 1916. C’est pourquoi l’Empire allemand va abandonner le casque à pointe pour le stahlhelm ou casque d’acier et le réserver pour les parades. Même cas pour la France qui se voit obligée de changer le képi et l’uniforme bleu et rouge pour une tenue bleu horizon (qui, contrairement à ce que l’on pense, se camoufle très bien grâce à la poussière que les frappes d’artillerie, sans cesse, relèvent) et pour le fameux casque Adrian.

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Photo casque et carte postale

Coll. privée

Le casque ci-présent a appartenu à l’officier Wenandi, d’origine prussienne à en considérer la plaque frontale (l’aigle impérial tenant les symboles de l’empire), ainsi que le Vaterlandbandeau, qui est la banderole qui se déploie sur la plaque des casques à pointe. Celle-ci porte généralement la devise de l'État (Land). Dans le cas présent, figure l’inscription « MIT GOTT FUR KOENIG UND VATERLAND » qui se traduit par « Avec Dieu pour le roi et la patrie ». Il faut savoir que les plaques de casques à pointe varient suivant les Lands (provinces allemandes), exemples : Bavière (lions), Prusse (aigle)… Ici, le mot koenig, qui signifie roi, semble interroger car l’Allemagne étant à cette époque sous le règne de l’empereur Guillaume II, on s’attend à lire kaiser. En fait, il s’agit pour chaque province de garder son identité (royaume de Prusse, par exemple) au sein d’un empire unifié depuis 1843. Vice-versa pour les autres lands.

L’officier Wenandi appartenait à la Landsturm. Il avait dans ses attributions la gestion du Meldeämt, organe allemand du contrôle de la population. La Landsturm, composée de vétérans, souvent de la guerre de 1870, devait faire respecter la loi du gouvernement allemand. Dans une zone dite « d’étapes » comme celle dans laquelle se situait la Gaume, la population était soumise à une discipline encore plus rigoureuse que dans le reste du pays occupé.

Cette pièce de collection étonne. Les trois éléments qui la composent - le casque accompagné de sa housse et de son étui de transport -, ont été conservé avec grand soin depuis cent ans dans une famille de Virton. Oubli ou présent ? Au verso d’une carte postale, qu’illustre la photo de son propriétaire, un texte calligraphié au crayon mauve atteste, après-guerre, des bonnes relations que l’officier entretenait avec la famille qui l’a logé durant l’occupation.

Le casque est présent à l’exposition « LARMES DE GUERRE » accessible au Musée gaumais. Cette double exposition comporte une soixantaine d’œuvres de Nestor Outer autour de nombreuses évocations de la vie des civils en Gaume durant la Première Guerre.

 

Prochaine visite guidée publique dimanche 16 novembre à 16h.

 

Retrouvez toutes nos activités sur :

www.museesgaumais.be et sur notre page Facebook

 

 

 

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