L’œuvre de la semaine : Cheval de bataille

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L'histoire d'amour entre le cavalier Albert et son cheval Joey nous a émus et c'est pour cause.

Le cheval alors doté d'une intelligence supérieure à la moyenne, poussé par son attachement profond et sincère envers son cavalier parvient, après leur séparation, à s'échapper, galoper à travers le no man's land pour finalement se jeter dans un parterre de barbelés avant de s'effondrer au milieu des lignes.

Dans son film Cheval de guerre Spielberg nous offre une version romancée de l'attachement que les soldats pouvaient ressentir envers les animaux réquisitionnés et vice versa.

De nombreux animaux de ferme ont été employés durant la guerre. Parmi eux se trouvaient les chevaux pour les cavaleries, les sangliers, les chats, les ânes et les pigeons.

Les chiens, quant à eux, faisaient office de mascotte dans les tranchées ou encore de guides pour les ambulances. En 1914, les chevaux sont utilisés comme traction dans l'artillerie ou comme monture dans la cavalerie.

Dans un premier temps, la cavalerie est embauchée pour la reconnaissance des mouvements de troupe. Scène qu'ici illustre Nestor Outer sur une aquarelle nommée « Après une reconnaissance » peinte en 1915.

Une fois les tranchées construites, la cavalerie n'est plus utile, la reconnaissance se fait par avion.

À la fin de la guerre, en 1918, les animaux qui avaient été mobilisés sont rapatriés et renvoyer à la vie civile, les plus mal en point sont abattus et les autres sont vendus dans les boucheries.

Et donc des cordons bleus au cheval en 18 c'était normal, il n'y avait pas de quoi en faire tout un foin, quand, cent ans plus tard des lasagnes en furent pourvues.

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Photo : Nestor Outer - Après une reconnaissance - Aquarelle, 1915 - Coll. privée

 

Durant la guerre 14-18, on compta dix millions de chevaux morts sur le front ouest. Pourtant c'est un seul cheval qui a marqué l'histoire et, depuis l'Antiquité, on s'en souvient encore !

On évoque bien sûr l'épisode du cheval de Troie, qui a mis fin à la guerre qui opposait les Achéens et les Troyens.

Raconté d'abord sous forme d'un poème épique, l'Odyssée d'Homère, l'épisode devient sous la plume de Virgile un récit historique dans le livre II de l'Énéide.

Les Troyens naïfs crûrent bon d'accepter le présent - un cheval géant - offert par l'ennemi, mais la nuit venue, les soldats cachés dans l'habitacle en sortirent, attaquant les Troyens par surprise.

C'est ainsi que, grâce au piège brillant élaboré par Ulysse, la guerre prit fin. Aujourd'hui, il faut reconnaitre qu'on a plus de chance de se faire piéger par le virus informatique plutôt que par un cheval de bois !

Chez nous, comme cheval plutôt imposant, on connait Bayard, qui était capable d'allonger sa croupe et de faire des bonds démesurés pour sauver les quatre frangins des griffes de Charlemagne. Bayard était peut-être un cousin éloigné de Pégase ? Ou alors auraient-ils tous les deux consommés une dose de cheval de la potion de Panoramix, qui sait ? Plus qu'à miser sur le bon cheval pour le savoir !

 

Cette aquarelle est présente à l’exposition « LARMES DE GUERRE » accessible au Musée gaumais chaque jour de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. Cette double exposition comporte une soixantaine d’œuvres de Nestor Outer autour de nombreuses évocations de la vie des civils en Gaume durant la Première Guerre.

 

Retrouvez toutes nos activités sur :

www.museesgaumais.be

 

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Commentaires

  • Un grand merci de rappeler aux humbles mortels que nous sommes tous ces faits de guerre ou non dont nous avons eu connaissance un jour ou l'autre et que nous avons enfouis dans notre subconscient sans nous en rendre compte.
    Un rappel est parfois bien utile pour ceux qui les ont appris et pour ceux qui doivent les apprendre

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